Louise et Gabriel sont les prénoms les plus donnés en France en 2025. Mais le classement annuel ne raconte qu’une partie de l’histoire. Dans une étude publiée en septembre 2026, l’Insee a remonté 80 ans de données pour distinguer les prénoms durablement présents de ceux qui disparaissent puis reviennent à la mode.
Résultat : certains prénoms très visibles aujourd’hui sont réellement « intemporels », tandis que d’autres, comme Louise ou Louis, correspondent davantage à un grand retour après plusieurs décennies d’éclipse.
- Top 2025 : Louise arrive première chez les filles, Gabriel chez les garçons.
- Intemporel selon l’Insee : prénom donné au moins 100 fois chaque année entre 1946 et 2025.
- Gabriel appartient à cette liste des prénoms intemporels.
- Louise est plutôt un prénom revenu fortement à la mode après une période de recul.
- Diversité : 65 940 prénoms différents ont été donnés en 2025, contre 8 007 en 1946.
Les prénoms les plus donnés en 2025
D’après le fichier des prénoms de l’Insee, 3 070 filles nées en France en 2025 ont été prénommées Louise. Jade, Ambre, Alma et Alba suivent. Chez les garçons, Gabriel arrive en tête avec 4 625 naissances, devant Noah, Léo, Raphaël et Louis.
Ces chiffres peuvent donner l’impression que la France entière choisit les mêmes prénoms. C’est pourtant l’inverse qui ressort de l’étude de long terme : les choix sont beaucoup plus dispersés qu’au milieu du XXe siècle.
| 2025 | Filles | Garçons |
|---|---|---|
| 1 | Louise | Gabriel |
| 2 | Jade | Noah |
| 3 | Ambre | Léo |
| 4 | Alma | Raphaël |
| 5 | Alba | Louis |
Ce que l’Insee appelle un prénom intemporel
Pour son étude, l’Insee retient une définition particulièrement exigeante : un prénom est qualifié d’intemporel s’il a été donné au moins 100 fois chaque année entre 1946 et 2025. Trente-neuf prénoms remplissent ce critère.
Chez les garçons, la liste comprend notamment Louis, Paul, Raphaël, Gabriel, Victor, Antoine, Martin ou encore Joseph. Chez les filles, on trouve Marie, Lucie, Claire, Alice, Juliette, Jeanne, Anna ou Gabrielle.
Gabriel cumule donc deux caractéristiques rares : il est numéro un en 2025 tout en appartenant à la liste des prénoms restés suffisamment présents pendant huit décennies pour être qualifiés d’intemporels selon cette définition.
Les grands retours ne sont pas la même chose
Louise illustre une autre trajectoire. L’Insee distingue les prénoms « revenus à la mode » : ils étaient suffisamment présents au milieu du XXe siècle, ont ensuite connu une période de fort recul, puis représentent à nouveau une part notable des naissances depuis 2020.
Louise et Louis font partie des exemples cités. Leur succès actuel n’est donc pas une ligne parfaitement stable : c’est plutôt un retour spectaculaire. Cette nuance est intéressante pour les futurs parents qui cherchent un prénom ancien sans forcément vouloir un prénom resté constamment populaire.
Alma, quatrième prénom féminin en 2025, montre encore autre chose : un prénom peut être très haut dans le classement actuel sans appartenir à la catégorie statistique des « intemporels » telle que l’Insee l’a définie.
Ce que ces données changent quand on choisit un prénom
Le principal enseignement est peut-être que le classement annuel est moins écrasant qu’on l’imagine. En 1946, les cinq prénoms masculins les plus donnés représentaient près d’un tiers des naissances de garçons. En 2025, ils n’en représentent plus que 5,5 %. Chez les filles, les cinq premiers sont passés de 21,3 % à 4,3 %.
Autrement dit, choisir le prénom numéro un aujourd’hui ne signifie pas forcément que votre enfant en croisera cinq dans chaque classe. Le nombre de prénoms différents donnés est passé de 8 007 en 1946 à 65 940 en 2025.
L’étude complète « 80 ans de prénoms : de plus en plus de diversité » permet de replacer les modes actuelles dans cette histoire longue.
Les différences régionales montrent également qu’un classement national ne raconte pas tout. En 2025, Gabriel arrive en tête dans 12 régions sur 18, mais d’autres prénoms dominent localement. Chez les filles, Louise n’est première que dans quatre régions ; Jade, Ambre, Alba, Adèle, Alma ou Inaya occupent la tête ailleurs. Pour des parents qui souhaitent éviter un prénom très fréquent dans leur entourage immédiat, regarder les données régionales peut donc être plus utile que le seul top 10 français. Un prénom classé quatrième au niveau national peut être particulièrement courant dans une région, tandis que le numéro un national peut y être moins dominant.
Si vous cherchez un prénom qui traverse les générations, regardez donc moins le rang de cette année que sa courbe sur plusieurs décennies. Un prénom peut être très tendance aujourd’hui sans avoir été constant ; à l’inverse, certains prénoms moins spectaculaires n’ont presque jamais quitté les registres de naissance.








